Appropriation culturelle

De nos jours, l’appropriation culturelle soulève beaucoup d’inquiétude. Il s’agit de prendre ou d’utiliser des artefacts, innovations ou usages d’une autre culture, surtout sans montrer que l’on comprenne, que l’on respecte, cette autre culture. Ainsi, tout échange culturel est présenté comme une sorte de transaction, par laquelle un représentant de la culture dominante s’approprie, ou plutôt, détourne, ce qui, au fond, appartient à la culture dominée.

Amundsen et ses co-équipiers ont vécu parmi les Inuits Netsilik pendant deux ans - illustration par Iona Fournier-Tombs

Amundsen et ses co-équipiers ont vécu parmi les Inuits Netsilik pendant deux ans – illustration par Iona Fournier-Tombs

Ce film traite d’une toute autre réalité: comment partager entre cultures, sans domination, exploitation ni rancune. Roald Amundsen et ses co-équipiers ont passé deux ans chez les Inuits Netsilik. Les Norvégiens ont partagé leurs connaissances avec les Inuits, qui à leur tour ont fait preuve d’une grande générosité envers ces explorateurs. Amundsen n’a jamais cessé de faire l’éloge de l’ingéniosité et de la ténacité des Inuits. Ces derniers, de leur côté, gardent à ce jour un très bon souvenir d’Amundsen.

Je crois que cette relation mutuellement satisfaisante peut être attribuée au fait qu’Amundsen venait de la Norvège, pays nordique et même polaire. Sur le plan pratique, il incombait aux explorateurs polaires norvégiens tels que Fridtjof Nansen et Roald Amundsen d’apprendre des Samis (autrefois appelés des «Lapons ») comment monter des expéditions de ski nordique.

Il incombait également à Nansen et Amundsen d’apprendre des Inuits comment organiser des expéditions en traîneau à chien. Ces deux hommes ont connu de grands succès à titre d’explorateurs polaires, mais leur vrai point de départ fut leur propre ignorance. Ils savaient qu’avant tout ils devaient apprendre des maîtres de l’art polaire. Cela revenait à apprendre non pas au moyen d’une lecture exhaustive de récits dans une bibliothèque, mais plutôt d’apprendre par l’exemple des Samis et Inuits, de ces peuples qui depuis un temps immémorial avaient maîtrisé des technique de survie en région polaire.

George Konana, meneur de chiens: photo prise par GT

George Konana, meneur de chiens: photo prise par GT

Voyager dans les régions polaires il y a cent ans et plus, c’était comme aller sur une autre planète.  L’explorateur se trouvait devant un choix entre la vie et la mort. En réalisant ce film, j’ai découvert que les conditions en région polaire peuvent être aussi extrêmes qu’autrefois.

Sun Dogs over the Beaufort Sea

Parhélie au-dessus de la mer de Beaufort: photo prise par GT